La Servante écarlate : une dystopie trop réelle ?

Agenda - 17/05/2019 05/24/2018
La Servante écarlate : une dystopie trop réelle ?



La saison 2 de la série n’est pas issue du roman de Margaret Atwood, et poursuit à l’écran une fable rattrapée par le présent. De l'adaptation au récit autonome.

La Servante écarlate (The Hansmade’s tale en anglais) est devenue plus encore qu’une série, un récit majeur de notre ère.
Dans cette nation dystopique, les Etats-Unis d’Amérique muent en République totalitaire de Gilead, ont réduit les femmes encore fertiles malgré les ravages de la pollution, à l’état d’esclaves pour familles puissantes en mal d’enfant.

Adaptée du roman de la canadienne Margaret Atwood, écrit à Berlin en 1984, alors que « George Orwell regardait par-dessus mon épaule » selon les mots de l’auteure, La Servante écarlate n’est plus une fiction distopyque une trentaine d’années plus tard, mais une œuvre devenue « trop réelle » comme le raconte Margaret Atwood dans la revue America.

Par « trop réelle », ce ne c’est pas la traduction à l’image que vise Margaret Atwood, mais notre monde contemporain. Elle qui avait pris soin de ne mettre dans son roman « rien que des êtres humains n’aient déjà fait quelque part à une époque ou une autre » n’imaginait pas que 33 ans après, de nombreuses manifestantes revêtiraient la tenue rouge écarlate et les toques blanches des Servantes pour protester contre les mesures du « Trumpcare », l’augmentation des coûts de la contraception, de l’avortement ou des dépistages de cancer. _La Servante écarlat_e, symbole de ce qu’on appelle aux Etats-Unis « la guerre aux femmes », a quitté la fiction pour venir alerter le réel.


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